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Le petit patrimoine de Torgny.

1. La chapelle de l’ermitage de Torgny
Le culte de ND de Luxembourg à Torgny remonte sans doute au lendemain de la Grande Peste de 1636, où les 2/3 du village périssent. Chapelle et ermitage sont attestés dès 1730. Un pieux laïc, Dominique Schmit, répare et agrandit l’ancienne chapelle vers 1840, érige également deux curieuses constructions en spirale, surnommées “ les escargots ”.
De part et d’autre de l’entrée de la chapelle, 2 percements ellipsoïdes permettaient jadis aux lépreux et aux scrofuleux d’assister aux offices. Au-dessus de l’entrée, le cartouche de 1840 marque les aménagements de Dominique Schmit. A l’intérieur de la chapelle, les statues des saints invoqués au village représentent un panel des croyances de jadis.
La chapelle, l’ermitage et les alentours sont classés comme site depuis le 3 janvier 1985.

2. Les escargots
Ces deux curieuses constructions qui se trouvaient de part et d’autre de la route et dont il ne subsiste que celle-ci ont leur histoire liée à celle de Dominique Schmit. Celui-ci vient s’installer à l’ermitage en 1835 pour expier la mort de son frère dont il se sent responsable. Il restaure et agrandit la chapelle, construit un logement sous le clocher, crée des jardins en terrasse, plante des arbres et bâtit deux oratoires en spirale surnommés “ les escargots ”. Il meurt en 1875. La construction de droite disparaît en 1876, démantelée pour la construction du pont sur la Chiers vers Velosnes. La seconde sert à procurer du travail aux chômeurs lors de la deuxième guerre mondiale. L’oratoire de gauche est reconstruit en 1934 mais sans tenir compte du plan originel.

3. Croix Labore
Sur le socle : 1794 et sur le fût : “ o crux, ave spes unica 1791 ” c’est à dire :“ ô croix, je te salue, mon unique espoir ”. Assez curieusement, cette croix est datée d’une période qui nous place en pleine terreur révolutionnaire. Le fût serait antérieur à l’autel. Jean Reumont est menuisier demeurant à Torgny et Marguerite Louppe est élue sage-femme en 1772 par la communauté paroissiale. A l’époque, une des fonctions importantes de la sage-femme au cours d’un accouchement, est de faire avouer le nom du père en cas de naissance illégitime.
Il est à noter que Torgny est ceinturé par une “ couronne ” de huit croix censées protéger le village des influences du Malin.

4. Croix Demasep dite également Croix Joachim
Erigée en 1746, c’est la première croix du chemin de croix menant à l’ermitage, mentionné par la carte de Ferraris (1771-1778). Elle commémorerait la mort d’un défunt : F. Hyiet Demasep.

5. Croix des Aisements
Datant du 16ème siècle, sur le tracé de l’ancienne route de Longwy à Montmédy, elle porte le millésime de 1777. Son origine remonte sans doute à l’épidémie de peste de 1636. Elle représente le christianisme en marquant le territoire exploité par les plus pauvres des habitants de Torgny. C’est devant cette croix qu’ils se recueillent pour l’angélus. Elle manque de disparaître en 1936, vendue par le curé de l’époque pour payer les frais du tricentenaire de la chapelle de Torgny. La croix est heureusement retrouvée chez un carrier de Saint-Mard et replacée à son endroit actuel. Les Aisements étaient des terrains communaux laissés en occupation aux habitants.
Les habitants l’appelaient la “ Croix Jamin – Poupart ” du nom de personnes de Torgny qui auraient recueilli un enfant abandonné au pied de cette croix. Nous nous trouvons à l’altitude 333 mètres.

6. Croix de la Petite Fin
Millésimée 1782, elle se situe sur la route du haut, seule voie d’accès de Lamorteau au village jusqu’en 1918. Elle marque la limite entre les terres des anciennes communes de Lamorteau et de Torgny. Quelques trouvailles faites au début du siècle ont permis de reconnaître un cimetière du 1er siècle, ce qui indique un peuplement gallo-romain confirmé par la présence de la villa non loin d’ici en contrebas.

7. Croix de Mission de l’ermitage
Rappelle la mission prêchée en 1935. Les “ missions ” étaient des manifestations chrétiennes destinées à emporter l’enthousiasme des fidèles en organisant des processions et des fêtes grandioses. Cette croix se situe probablement à l’emplacement du second “ escargot ” édifié par Dominique Schmit.

8. Croix Jacques
Elle est érigée par un cultivateur de ce nom, suite à un vœu fait alors que son attelage s’emballe. Le socle est en pierre. Il est surmonté d’une croix en fer et d’un christ rayonnant. Le socle est sans doute le vestige d’une ancienne croix et la croix en fer est plus récente.

9. Eglise
La paroisse de Torgny est attestée dès 1342. Faisant probablement suite à une simple chapelle, une église est bâtie en 1582 par le curé Jean de Franque (issu de la même famille que celle du château de Lamorteau) ; il ne reste de cette construction que cinq pierres derrière le maître-autel. En 1777, l’église est dans un état si lamentable qu’elle doit être reconstruite. C’est en 1885 que l’ancien cimetière entourant l’église, devenu trop petit, est désaffecté et transféré plus haut. En 1940, la ligne Maginot toute proche bombarde nos villages : l’église de Torgny subit de graves dommages. Elle est reconstruite en style néo-roman et bénie en 1952. Un petit détail amusant : cherchez dans les vitraux une curieuse anomalie frappant Saint Antoine !

10. Borne-fontaine
En 1859, le conseil communal décide d’installer une pompe à eau dans le quartier de l’église. La dépense s’élève à 464,20 Francs. Malheureusement, cette pompe ne fonctionne que 7 ans, car elle est rapidement “ détraquée ” En 1866, le conseil en achète une autre. Celle-ci est en fonte et est actionnée par un levier au bout duquel un poids facilite la manœuvre. Les quatre bornes en calcaire qui se trouvent aux 4 coins sont des bornes dites “ chasse-roues ”, qui servaient à protéger la pompe des roues des tombereaux qui auraient pu l’endommager.

11. Presbytère
En 1810, la commune achète une maison située près de l’église pour y loger le curé.
En 1867, le presbytère est dans un état de délabrement avancé, le conseil communal décide de construire une nouvelle maison curiale : le projet est de construire un nouveau bâtiment dans le haut du jardin du presbytère et l’ancien presbytère servira de logement pour l’instituteur. Mais en janvier 1868, la Commission Royale des Sites s’oppose à la construction et impose la démolition et la reconstruction sur le même terrain . Il est terminé en 1870.

12. Ancienne mairie
Le 15 janvier 1874, le conseil achète la maison du sieur Joseph Dubois. Il y a 10 pièces d’habitation, de grandes caves voûtées, une écurie, un atelier de charron, un grenier, un fenil, et un jardin de 39 ares (qui se trouve de l’autre côté de la route). En 1938, la pièce de rez-de-chaussée du logement de l’instituteur devient le bureau communal. Il est rénové en 2000 et sert actuellement de bureau d’accueil au syndicat d’initiative “ Le Méridional ”.

13. Grande Fontaine
Alimentée par le Cavé ou ruisseau de la Grande Fontaine, la source naît de la rencontre entre la roche calcaire perméable du haut et la couche marneuse imperméable sous-jacente.
Le bâtiment date de 1901 et est classé depuis le 29 avril 1982. Sa charpente en bois est remarquablement conservée.
Le lavoir était traditionnellement surnommé “ chambre des députés ” ou “nid de guêpes” ou encore “ place des mauvaise langues ” car c’est ici que se faisaient et se défaisaient les réputations les mieux assises, au rythme des battoirs qui frappaient linge en cadence…

14. Croix de la fontaine
Elle se trouvait jadis sur le pignon arrière de la fontaine, mais a été déplacée pour des travaux de voirie. Elle date du 18ème siècle.

15. Four banal
La banalité est un droit prélevé par le seigneur sur l’utilisation du four. Lors de la cuisson, le seigneur de Torgny percevait un pain pour 13 pains cuit.
Autrefois l’ermite de Torgny recevait ce qu’on appelait ‘’la michette du four’’ pour sa subsistance. C’était un petit cuit, toutes les semaines au four banal.
En 1998 la commune de Rouvroy l’achète et le restaure en 2000. Une nouvelle cuisson du pain est effectuée en juillet 2001 à l’occasion de la Fête des Artistes et des Artisans de Torgny.

16. Lavoir de la Kleine Chiers
Nous y trouvons la source du ruisseau “ le Cavé ”, qui donne son nom à la rue Cavé. Nous nous situons ici à la rencontre du sous-sol calcaire, laissant s’infiltrer l’eau et de la couche imperméable d’argile, qui oblige l’eau à ressurgir à ce niveau.
Les maisons situées au-dessus de ce niveau et particulièrement le quartier de l’ermitage, sont obligés d’avoir soit un puits, soit une citerne d’eau potable. Une maison du quartier haut possède un puits profond de plusieurs dizaines de mètres. Ce quartier n’aura la distribution d’eau qu’à partir de 1970.

Ces descriptifs sont visibles devant chacun des monuments du village.

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